Monsanto est sous les projecteurs

Monsanto est sous les projecteurs

Dewayne Johnson est un Américain de 46 ans atteint d'un cancer en phase terminale. Plus précisément, selon l'un de ses avocats David Dickens, du cabinet Miller, spécialisé dans la défense de particuliers s'estimant victimes de produits défectueux, il a été diagnostiqué il y a deux ans d'un lymphome non hodgkinien, incurable.

Dewayne Johnson a intenté un procès à Monsanto parce qu’il a utilisé son produit Roundup pendant plus de deux ans. Un tribunal américain va devoir examiner sa plainte et répondre à ces questions: le Roundup est-il cancérigène? Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate?
Le procès, officiellement ouvert mi-juin, est prévu durer au moins trois semaines à San Francisco (ouest).

Le Roundup est connu comme un l'un des herbicides les plus utilisés au monde. "Il contient du glyphosate, une substance très controversée et qui fait l'objet d'études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène."
Comme il existe plusieurs centaines de plaintes sur ce thème, Monsanto risque des millions de dollars de dommages et intérêts dans ce seul dossier.
Pour les avocats de Dewayne Johnson, Monsanto (qui vient d'être racheté par l'allemand Bayer) a sciemment caché au public la dangerosité de ses produits.


Toute la difficulté des avocats du plaignant sera de "prouver un lien entre sa maladie, qui lui cause de nombreuses lésions cutanées sur le corps, et l'épandage de glyphosate".

La question est "est-ce que l'exposition de M. Johnson au glyphosate a provoqué son cancer? (...) Cela n'a pas causé son cancer", affirme Sandra Edwards, du cabinet Farrella, Braun and Martel, l'une des avocates de Monsanto. Les avocats de Monsanto vont, bien sûr, produire de nombreuses données, études favorables à la firme agrochimique.

"Légalement, il est extrêmement difficile de rendre une entreprise responsable de cas spécifiques de cancer ou autres maladies liées aux pesticides", reconnaît Linda Wells de l'ONG anti-pesticides "Pesticide Action Network North America". Mais "si M. Johnson gagne ce procès, ce sera un énorme coup porté à l'industrie des pesticides toute entière", ajoute Mme Wells.

Le dossier est d'autant plus complexe qu'il existe nombre d'études et de décisions contradictoires sur le glyphosate. Cela dit, depuis 2015 le glyphosate est classé "cancérigène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS, contrairement aux agences européennes, l'Efsa (sécurité des aliments) et l'Echa (produits chimiques). "Le glyphosate fait particulièrement polémique en Europe. Après la décision de l'Union européenne en novembre de renouveler la licence de l'herbicide pour cinq ans, le gouvernement français s'est engagé à cesser d'utiliser cette substance pour les principaux usages d'ici trois ans." Il n’y a donc pas de fumée sans feu…












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